15.12.2025
Ton parcours professionnel est vraiment impressionnant. Après avoir suivi une formation de directeur artistique, tu as fondé deux agences à Stockholm, puis travaillé pour trois grandes agences de publicité et maintenant tu es responsable de marque chez HWZ International depuis plus de douze ans. Comment comparerais-tu ton expérience en tant que propriétaire d'agence avec ton travail actuel chez HWZ International ?
C'est le jour et la nuit. Aujourd'hui, je travaille du côté des clients et j'utilise nos propres produits plutôt que les produits et services des clients les plus divers. Je me concentre actuellement sur la gestion de marque, le marketing et les petites campagnes publicitaires, alors que dans une agence, je m'occupais de grands clients comme des compagnies aériennes, des centres commerciaux ou l'industrie de la mode.
Une autre différence de taille réside dans la structure de l'équipe. Avant, j'étais entouré de grandes équipes créatives qui travaillaient toutes pour le même client. Aujourd'hui, je travaille souvent de manière indépendante, même si depuis quelques années, j'ai à nouveau un collègue à mes côtés, ce qui est formidable ! C'est toujours inspirant d'avoir quelqu'un avec qui échanger des idées.
Le secteur lui-même a énormément changé au fil des ans. Quand j'ai commencé, il n'y avait pas d'ordinateurs, tout était fait à la main. Si on voulait créer une brochure, il fallait planifier la mise en page, acheter le texte auprès d'une entreprise de typographie et créer le graphisme à la main sur un panneau à l'aide d'un scalpel et d'une machine à enduire... Il fallait donc savoir exactement ce qu’on faisait dès le départ. Et si on oubliait quelque chose d'important, il fallait tout recommencer depuis le début.
Qu'est-ce qui t'a poussé à abandonner le statut d'indépendant ? Et quelles leçons de cette période t'accompagnent encore aujourd'hui ?
J'ai fondé ma première agence à 25 ans. Après plusieurs années intenses, j'ai décidé de faire une pause, de voyager et de me vider la tête. Plus tard, je suis revenu dans le secteur créatif en tant que directeur artistique et j'ai même fondé une deuxième agence.
Les leçons les plus importantes que j'en ai retirées sont la fiabilité, le respect des délais et la curiosité. J'essaie d'appliquer ces principes dans tout ce que je fais. La vie en Suisse favorise cette attitude, vu que la culture du travail y valorise la qualité, la confiance et la constance.
Aujourd'hui, des outils comme l'IA permettent de créer des films entiers à partir de textes et d'images. C'est fascinant et ça montre qu'il ne faut jamais cesser d'apprendre dans ce métier.
À quoi ressemble la journée type d’un responsable de marque ? Es-tu en charge d'une ligne de produits spécifique ou gères-tu l'ensemble de l’assortiment ?
Mes journées sont très variées. Je développe des noms et des concepts de produits, je conçois des brochures et des emballages, je prépare des présentations et des documents techniques et j'apporte mon soutien pour le lancement de nouveaux produits. J'apprécie cette diversité et ce mélange de structure et de créativité. Ça me convient très bien.
Tu es originaire de Suède. Depuis combien de temps vis-tu en Suisse ?
Je vis ici depuis environ 14 ans. Je n'aurais jamais pensé m'installer dans une ville helvétique, mais honnêtement, je pense avoir atterri dans l'un des plus beaux endroits du monde : Lucerne. Nous avons des montagnes, des lacs, des sentiers de randonnée... tout. Et j'adore aussi la culture suisse, notamment la lutte !
Quel a été l'un des plus grands chocs culturels après ton déménagement ? Et y a-t-il quelque chose que les Suisses pourraient apprendre des Suédois, selon toi ?
Les règles ! Nous avons aussi beaucoup de règles en Suède, mais elles ne sont pas aussi strictes. En Suisse, on se rend très vite compte quand on fait quelque chose de mal ! Je ne pense pas que les Suisses aient beaucoup à apprendre des Suédois, nos pays sont assez semblables. Mais peut-être que la Suisse pourrait s'inspirer de la diversité culinaire de la Suède ?
Nos lecteurs ne savent pas que nous parlons actuellement en anglais, mais tu suis actuellement un cours d'allemand de niveau B2. Comment ça se passe ? As-tu déjà un mot préféré en suisse allemand ?
Mon suisse allemand s'améliore chaque jour ! Mon expression préférée est « en guete » (bon appétit), je trouve ça tellement mignon de le dire à tous ceux qui sont en train de manger. J'aime aussi « scho guet » (c’est bon) et « hör au uf » (arrête).
Tu te décris comme un « caméléon sportif » avec des loisirs comme le ski, le golf, le squash, la randonnée et le roller. Y a-t-il un sport ou une activité que tu aimerais encore essayer ?
Je pense avoir essayé presque tous les sports ! J'ai grandi sur une île près de Stockholm et j'étais un « Sea Scout », un scout nautique. J'ai donc pratiqué de nombreux sports nautiques : jet ski, voile, en fait tout ce qu'on peut faire sur l'eau.
Je suis en train de passer mon permis bateau ici en Suisse, mais c'est très différent, il faut connaître toutes les règles pour chaque lac !


Quand tu ne fais pas la navette entre la Suède et la Suisse ou que tu ne travailles pas sur des projets, à quoi ressemble une journée de congé idéale pour toi ?
Je n'aime pas rester à la maison, sauf si le temps est vraiment mauvais. En hiver, je fais du ski, en été, de la randonnée ou du stand up paddle avec des amis. J'ai besoin de cette énergie ! Heureusement, ma copine est comme moi, elle n'aime pas rester inactive non plus.
Pour finir, quelle est ta devise personnelle ou ta philosophie de vie ?
Ma devise est : « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. » Pour moi, ça signifie rester positif, relever les défis comme ils se présentent et toujours aller de l'avant avec les idées claires.
Merci beaucoup, Anders, pour tes réflexions, ton humour et ta vision inspirante du travail et de la vie.


