Entretien avec Marcel Perret

19.01.2026
Société:
HTA Mittelland
Arrivée dans l’entreprise:
01.03.2019
Fonction:
machiniste
Formations:
formation de charpentier et formation continue en formation d’apprentis et de contremaitres construction bois
Ville:
Schinznach Dorf/AG

Marcel, tu as commencé comme charpentier et tu travailles maintenant depuis près de 27 ans sur une machine de taille Hundegger. À quoi ressemble une journée de travail type pour toi ?

Nous travaillons en deux équipes et j'ai le privilège de toujours être de l'équipe du matin. Ma journée commence à 5 h et se termine à 14 h 30. Je commence par mettre en marche le compresseur et les machines. Pendant ce temps, je consulte les commandes du jour. En fonction des commandes, il peut être nécessaire de changer les outils dans la machine ou de procéder à des préparatifs.

Ensuite, il faut que la machine effectue la mise à dimension. Notre objectif est que les machines tournent toute la journée, de 5 h à 22 h, d’où le travail en équipes avec des pauses décalées.

Nous avons récemment installé une nouvelle machine Hundegger. Quelles évolutions ou modifications techniques ont particulièrement marqué ton travail au fil des ans ?

La nouvelle machine est plus compacte et plus petite, mais aussi nettement plus rapide pour des opérations simples comme la taille de montants. Son fonctionnement est toutefois très semblable à celui de l’ancienne Hundegger. 

J'ai eu la chance d'assister à de grandes avancées technologiques au fil des ans. Quand j'ai commencé il y a 39 ans, il n'y avait ni CAD ni machines de taille. Tout était relevé et calculé à la main et usiné sur des machines manuelles.

La première machine de taille n’a plus rien à voir avec les installations actuelles. À l'époque, toutes les données devaient être saisies manuellement. Aujourd'hui, tout est automatisé avec le CAD.

Grâce à ces changements, nous sommes beaucoup plus rapides aujourd'hui : avant, il nous fallait deux à trois jours pour réaliser le toit d'une maison individuelle. Aujourd'hui, nous pouvons le faire en une heure et demie à deux heures maximum.

Une image qui en dit long : avec Marcel Perret sur la photo, Kuratle Group pséente le département de production.

Ton lien avec le bois se reflète également dans ton passe-temps favori, le lancer de hache. Une activité qui a l’air passionnante ! Comment t’es venue l’idée de faire ça ?

C'est arrivé pendant ma formation : avec des amis, nous avons fait quelques démonstrations à l'école et à la fête du village. Ma femme m'a ensuite offert une hache de lancer pour Noël. Depuis, je m'entraîne régulièrement à la maison. C’est de là qu’est né mon intérêt pour la collection de haches. 

Quelle hache de ta collection considères-tu comme particulièrement intéressante et pourquoi ? Combien de pièces as-tu déjà dans ta collection ?

J'ai commandé beaucoup de mes haches en ligne aux États-Unis. Ici, en Suisse, j'en trouve dans les brocantes ou les magasins d'occasion. J'en ai également quelques-unes qui viennent de Suède, où nous passons souvent nos vacances. Au total, je possède environ 250 haches. La plus précieuse est une hache Black Raven, qui vaut entre 1 000 et 1 500 francs suisses en raison de son motif très recherché. 

25 ans chez les pompiers, c'est un engagement considérable ! Y a-t-il un souvenir qui t'a particulièrement marqué pendant ton service ?

J'ai fait partie des cadres et j'ai été commandant pendant six ans. J’ai beaucoup aimé cette période qui a été merveilleuse, avec beaucoup de beaux moments mais aussi des moments tristes. Il y a une expérience que je n'oublierai jamais : nous étions en route pour un exercice par une magnifique journée d’été. Devant nous roulait une vieille VW Coccinelle qui dégageait beaucoup de fumée. Quelques centaines de mètres plus loin, nous avons remarqué qu'elle ne faisait pas que fumer, elle était en train de brûler !

Le conducteur ne s'en était pas aperçu. Nous l'avons dépassé avec nos gyrophares et nos sirènes, pour le faire ralentir et nous lui avons signalé le problème. Au début, il n'a pas compris ce qui se passait, mais ensuite il était très soulagé que les pompiers soient là avant même qu'il ait eu le temps d'appeler les secours.

Que conseillerais-tu aux jeunes d'aujourd'hui : pourquoi vaut-il la peine de rejoindre les pompiers ?

Si vous avez le temps, ça en vaut vraiment la peine. On apprend énormément de choses très utiles pour la vie civile. Et c'est une excellente formation, qui est aussi rémunérée. De plus, dans une situation d'urgence, la pire chose à faire est de ne rien faire. Chaque geste compte. 

Pendant ton temps libre, tu aimes faire de la randonnée avec ta femme. Quel itinéraire recommanderais-tu à nos collaborateurs, peut-être quelque chose de moins connu ?

Une magnifique randonnée que j'ai faite cet automne est celle du Creux du Van – Tour de Travers dans le canton de Neuchâtel.

Lors de la fête d'anniversaire, nous t'avons regardé utiliser une tronçonneuse. Depuis quand réalises-tu des sculptures et quel a été ton plus beau projet jusqu’ici ? 

Je sculpte depuis 2000 et je travaille à 20 % à mon compte, principalement sur commande. Je sculpte des figurines très variées. L'un de mes plus grands projets a été la réalisation de 66 palets pour la Swiss Life Arena, qui sont utilisés comme sièges. C'est un passe-temps passionnant qui permet de montrer à quel point on peut travailler avec délicatesse à la tronçonneuse.

En savoir plus sur l'art de travailler le bois de Marcel
Travail manuel : Marcel fait preuve d'un vrai tour de main pour le travail du bois.